Le Collectif RESF27 est en deuil.
Joël Contreras, dont la générosité et la bienveillance restera à jamais dans notre cœur, nous a quittés le dimanche 21 juin.
Joël était de façon indissociable tout à la fois un ami et un militant. Face à la violence du monde, aux injustices, il peut facilement arriver que l’on s’épuise, que l’on désespère et finalement que l’on baisse les bras et détourne le regard. A quoi bon ! A chaque personne à laquelle nous nous efforçons de porter secours, il y en a dix autres auxquels nos institutions infligent son mépris et sa violence, dix autres qu’elles humilient sans le moindre égard pour les droits fondamentaux de l’individu. Joël était de ceux-là qui parfois doivent contenir leur colère, mais qui ne sont jamais tentés par le désespoir « On ne lâche rien » aimait-il à répéter. J’avoue qu’il m’est arrivé de trouver cela un peu facile, moi qui en bon philosophe névrosé croule sous le poids d’un impératif de justice qui me dépasse totalement. Et puis j’ai reçu de Joël la plus belle des leçons : pour lui l’amitié et le militantisme ne faisaient qu’un. Il était de ceux qui savent que militer ce n’est pas faire la charité, ce n’est jamais prétendre être un redresseur de tort, ce n’est pas même simplement lutter contre l’injustice, c’est avant tout donner son amitié. Ainsi, c’est bien plus que de l’aide qu’il apportait à tous les jeunes et toutes les familles qu’il a accompagnés, c’est lui-même, sa bonté, sa bienveillance, sa générosité. Certains ont vu en lui un nouveau papa, un tonton, un grand-père, mais au fond, il était avant tout un ami. L’ami est celui qui sait vous tendre la main sans la moindre prétention, sans plus de raison que son amitié. C’est celui avec lequel vous aimez rire et discuter parce que sa bienveillance vous protège de tout sous-entendu. C’est celui avec lequel le combat trouve son sens le plus profond et sa force la plus vive parce que l’amitié ni n’espère, ni ne désespère : elle se donne.
Une autre caractéristique non moins remarquable de sa générosité est qu’elle tendait pour ainsi dire naturellement à se répandre autour de lui. Elle s’avançait toujours pudique mais lumineuse, sans ombre, et se transmettait de proche en proche. Ce fut d’abord sa femme, Sylviane, toujours présente, et puis son fils, Clément, qui s’est chargé de notre site Internet, et puis Eric, Luc, Estelle, Anne Frédérique et tant d’autres… C’est un peu comme si dès que nous avions une difficulté, il avait un ami ou une amie qui venait nous prêter main forte. Alors je sais que demain nous reprendrons le combat, je sais que nous ne lâcherons rien, parce que je veux croire que cette amitié qu’il nous a donnée, est encore, bien au-delà de la mort, notre amitié à tous et que nous saurons la donner à notre tour. Mais aujourd’hui le temps s’est arrêté, un silence immense s’est emparé de moi dans lequel chacun de mes mots s’épuisent. Aujourd’hui, Joël, je t’en veux un peu de m’avoir forcer la main pour que je prenne la parole. Mais après tout, je te dois bien cela, et bien plus encore…
Thierry Cattan
Pour le Collectif RESF27
Reseau Education Sans Frontiere (27)
Espace Saint Leger , 3 Rue Victor Hugo
27000 EVREUX
FRANCE
